Panne à Montparnasse : « le jour d’après »

A propos de la panne à Montparnasse (3 décembre 2017) , de ce qu’elle révèle aussi sur la complexité de notre société.

Elle fait la une des médias, infos en temps réel à la radio, une couverture presque équivalente à une catastrophe naturelle.
La première chose à pointer c’est bien sûr les conséquences du désinvestissement de la SNCF dans le matériel, et aussi l’embauche de personnel et la formation en chute libre. A force de vouloir « faire du chiffre » courir après la rentabilité à court terme on en arrive à ce type de « catastrophe industrielle » : une des plus grosse gare de France mise H.S. .

Mais il y a un autre enseignement qui est un avertissement plus général.

On mesure ici les conséquences de la paralysie d’une seule gare suite à une panne de quelques heures suite à un bug informatique. Mais au delà de ce bug, imaginons un instant ce qui se passerait si notre pays devait subir des pannes d’électricité régulièrement, des « black out » comme on dit dans le jargon des électriciens.

On prend soudain conscience de la place de l’électricité dans nos sociétés que lorsqu’on en est privé.

Et pourtant dans beaucoup de programmes politiques qui prônent des transitions énergétiques avec 100% d’énergie renouvelable de type intermittente (éolien et solaire), ce point est largement sous estimé . Lorsqu’on pose la question de comment gérer la continuité de la production de l’électricité, l’intermittence de ces énergies, avec la certitude de se retrouver régulièrement avec une consommation qui ne correspond pas du tout à la production, par exemple une nuit d’hiver sans vent et sans soleil (la définition de la nuit…) : on ne prend même pas la peine de répondre sérieusement.
Au mieux on nous répond « ce n’est pas grave on trouvera bien un moyen de stocker massivement de l’électricité bientôt « . Pour bien mesurer la réalité des technologies actuelles : aujourd’hui, avec toutes les batteries du monde, mises bout à bout, on serait à peine capable de stocker de l’électricité pour seulement quelques heures de la consommation nationale française(*)… les allemands en savent quelque chose : avec seulement 20% d électricité en éolien solaire, ils évitent la catastrophe qu’en important massivement de l’électricité produite par des sources stables (nucléaire ou charbon) provenant du reste de l’Europe.

Parfois même, dans les réponses des partis politiques, on sent l’idée que ce ne serait pas si catastrophique que ça l’absence de courant électrique plusieurs fois par an…après tout ça va dans le sens de la décroissance, d’un autre mode de vie, de la sobriété…

Et non, un seul « black out » à l’échelle d’un pays et c’est la catastrophe…et plusieurs fois par an, c’est le chaos assuré … et dans les scénarios énergétiques de type 100% renouvelable cela fera partie du fonctionnement…normal!
Qui accepterait cela quand on voit les réactions pour la panne d’une seule gare ce soir?
Ce seront alors des milliers de Montparnasse en panne et qui s’arrêteront en même temps dans toute la France : hôpitaux, usines, chauffage, éclairage, chaîne du froid, informatique…

À méditer avant de plébisciter des solutions non viables et socialement inacceptable.

(*) la capacité totale de stockage des batteries électriques dans le monde peut être estimé à 500 GWh, soit un millième de la consommation française annuelle (environ 500 TWh)…ce qui correspond à 8h de cette même consommation…
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