Le PCF, Georges Marchais et les immigrés.

Par Amar Bellal.  (billet)

François Hollande avait comparé en avril dernier (2015), le discours du FN à celui qu’aurait tenu le PCF dans les années 1970. Et pourtant, il suffit de remuer ses souvenirs pour se rendre compte que rien n’est plus faux dans cette comparaison.

Ainsi, quand j’étais gosse, je regardais régulièrement l’émission politique « l’heure de vérité ». En effet, à l’époque, il y avait déjà un certain J.M. Le Pen qui sévissait. Par la force des choses, on s’intéressait très tôt à la politique car on cherchait à comprendre pourquoi on en voulait tant, à nous et à nos parents, simples ouvriers immigrés. On cherchait à comprendre pourquoi on voulait à tout prix nous « mettre dans un bateau et nous renvoyer dans notre pays » . Et ce slogan, martelé et répété à l’époque : « 3 millions d’immigrés, 3 millions de chômeurs! », la solution était toute trouvée. Bref, un climat difficile et on sentait bien qu’on était sur la sellette. L’inquiétude était telle que ma mère, comprenant difficilement le français, me demandait régulièrement en kabyle, ce que le monsieur de la télé était en train de dire, inquiète des conséquences pour nous tous. C’est ce climat qui explique donc comment un gamin de 10 ans pouvait rester devant une émission politique à écouter très sérieusement les « grandes personnes » de la télé.

Un jour, dans cette émission, on invite un homme, assez grande gueule il faut le dire, qui se lance dans une grande démonstration affirmant selon lui que les ouvriers immigrés avaient reconstruit la France, qu’ils étaient la richesse de ce pays, qu’ils avaient bien toute leur place ici (en France), qu’ils étaient les bienvenus, tout en affirmant que Le Pen était un dangereux extrémiste en voulant s’attaquer à ces immigrés et en voulant leur enlever les allocations familliales. A l’époque je m’en souviens très bien, je me suis dit devant la télé « mais cet homme est fou! personne ne votera pour lui avec ce qu’il raconte! c’est le premier que j’entends parler comme ça de mes parents! »…

Figurez vous que cet homme, c’était Georges Marchais, et ce n’était certes pas dans les années 1970 mais en 1985. Je garde un vrai souvenir, très précis, de ce passage télé de Marchais, que l’on pourrait facilement retrouver dans les archives de l’INA si certains journalistes s’en donnaient vraiment la peine. Sur le moment, je ne savais pas qui il était, ni ce qu’était le PCF, ni ce que le mot « communiste » voulait dire.

Hasard des choses, 20 ans plus tard, en 2005, je poussais la porte d’une section du PCF dans le 20eme arrondissement de Paris et j’ y prenais ma carte.

 

 

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